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Les athlètes se remettent de blessures et de problèmes personnels pour se qualifier aux Olympiques

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Par Jim Morris

Elle a une cicatrice sur chacune de ses épaules, une dans le cou et une sur l’abdomen.

Regan Rathwell s’est rétabli de quatre chirurgies en 14 mois, en plus de se remettre d’une fracture au pied, pour pouvoir participer aux Essais olympiques et paralympiques, présentés par Bell en mai.

Il y a des moments où Rathwell, qui s’entrainait au centre de la haute performance — Ontario avant de fréquenter l’Université du Tennessee, se demandait si la douleur et la frustration valaient la récompense potentielle.

« C’était dur pour mon corps, révèle la nageuse de 20 ans d’Ashton, en Ontario, dès qu’on prend du recul, on apprend vraiment à apprécier le sport. »

Mais Rathwell a surmonté ces épreuves et a obtenu son billet pour les Jeux olympiques de Paris 2024 en terminant deuxième au 200 m dos aux Essais.

Aucun des 29 athlètes qui ont été nommés pour l’équipe olympique de Natation Canada n’a eu un parcours facile. Mais pour certains comme Rathwell, le chemin était plus ardu que pour d’autres.

Jeremy Bagshaw et Ingrid Wilm ont refusé d’abandonner après avoir raté, parfois par seulement une fraction de seconde, les équipes olympiques précédentes. Taylor Ruck a souffert d’un trouble alimentaire. Sydney Pickrem vit avec un trouble dépressif et un trouble anxieux.

Bagshaw est un débutant olympique de 32 ans qui a finalement eu du succès à ses cinquièmes essais.

« Je l’attendais depuis longtemps. », dit Bagshaw de Victoria qui s’entrainait avec le Club de natation Island et au centre de la haute performance — Victoria avant de rejoindre la faculté de médecine à Limerick en Irlande. « Pour moi c’était de savoir que j’avais cette capacité, que j’avais encore cette performance en moi qui me permettrait de faire partie de l’équipe olympique.

« J’ai fini par retrouver mon amour de la natation lors des dernières années en Irlande. Ils m’ont accueilli, ils sont devenus comme une deuxième famille. J’ai vraiment appris à apprécier la natation à nouveau. »

Bagshaw, qui commencera sa carrière de médecin à Londres en Angleterre après les Jeux, a terminé quatrième au 200 m libre, lui permettant ainsi de se qualifier pour l’équipe du relai 4×200 m libre masculin.

Wilm, qui a terminé deuxième au 100 m dos, a été incommodée par une blessure au coude pendant des années et a eu des problèmes financiers qui ont rendu difficile la poursuite de la natation. Elle s’est fait demander à plusieurs reprises ce qui la poussait à continuer.

« C’était généralement une combinaison de savoir et d’espérer que mon rêve était encore possible », dit la nageuse de 25 ans qui s’entraine avec le Club de natation Cascade. « Et un savoir profond que je pouvais faire mieux et que je ferais mieux.

« La lumière était au bout du tunnel et j’avançais directement vers elle. »

Pickrem s’est retirée des championnats du monde 2023 en raison de ce qu’elle appelle « une anxiété paralysante et une dépression ». Elle était de retour pour remporter deux médailles d’or aux Jeux panaméricains au Chili et deux médailles individuelles, une d’argent et une de bronze, en plus d’une médaille de bronze au relai, aux Championnats du monde de la World Aquatics 2024.

« Je ne pense pas qu’il y ait eu une année qui était facile », dit Pickrem âgée de 27 ans qui participera à ses troisièmes Olympiques après avoir remporté le 200 m brasse et terminé deuxième au 200 m quatre nages individuelles pendant les essais. « Ça a été un parcours chargé d’émotions. L’anxiété est réelle.

« Ces jours difficiles lors des dernières années, d’avoir à prendre la décision de m’en sortir, je me disais que la natation n’est pas représentative de qui je suis », dit‑elle. « On y va et on essaie de voir le mieux que je peux faire aujourd’hui. »

Ruck, âgée de 24 ans, a connu le succès tôt dans sa carrière, remportant deux médailles aux Olympiques de Rio 2016 à l’âge de 16 ans pour ensuite obtenir un record de huit médailles aux Jeux du Commonwealth 2018. Au même moment, elle a commencé à obséder sur ce qu’elle consommait.

« Les revers sont d’une durée indéterminée, mais les bons côtés et les moments comme celui-ci sont ce qui compte », dit la nageuse de Kelowna en Colombie-Britannique qui s’entraine à l’Université de l’État d’Arizona. « Je suis juste tellement reconnaissante de toutes les personnes qui ont cru en moi, qui m’ont suivie jusqu’ici.

« Je pense qu’il y a des gens qui m’ont aidée à traverser les moments difficiles. »

Le temps de Rathwell au Tennessee a commencé sur le mauvais pied en 2022 quand elle a échappé un haltère de 10 livres sur son pied, ce qui l’a fracturé.

« Je suis maladroite au plus haut point », dit‑elle. « Ça a été une vraie leçon d’humilité. »

Au mois d’octobre de la même année, elle a subi une opération à l’épaule pour réparer une déchirure labrale et une fracture à l’humérus. Lors de son retour à l’entrainement, Rathwell favorisait un bras ce qui a entrainé une deuxième chirurgie à l’épaule en avril 2023.

Faire une deuxième réadaptation a été difficile.

« La première fois j’avais beaucoup plus de motivation », dit‑elle. « La deuxième a été un peu plus dure. C’était plus comme un coup au ventre. C’était vraiment difficile. »

Des visites de ses parents et de sa sœur l’ont aidé à traverser cette période. L’automne dernier Rathwell a été opérée d’urgence en raison d’une hémorragie interne. Elle s’est remise sur pied juste pour tomber malade à nouveau. Cette fois les médecins ont trouvé une masse au niveau du cou qui devait être retirée.

Kylie Masse, la quadruple olympienne dossiste, a félicité Rathwell pour son endurance et sa persévérance.

« Subir deux opérations aux épaules n’est pas quelque chose que je souhaiterais à quiconque en temps normal, encore moins à quelqu’un qui fait de la haute performance et qui doit atteindre leur niveau antérieur », dit Masse. « Ça démontre son tempérament et sa discipline, sa volonté de recommencer à nager. »

Être obligée de s’éloigner de la natation a permis à Rathwell de réaliser à quel point elle aime ce sport.

« C’est l’environnement, les gens qui viennent avec », dit‑elle. « Je suis compétitive, j’aime performer. Quand on ne peut plus en faire, on apprend à vraiment aimer le sport. Recommencer à nager, je ne l’ai pas fait pour les résultats, juste pour apprécier la natation de plus en plus. »

La natation olympique en piscine aura lieu du 27 juillet au 4 aout à Paris la Défense Arena. Le marathon de 10 km des femmes aura lieu le 8 aout au site du Pont Alexandre III.